En RD Congo, une proposition de loi et un espoir pour les 10 millions d’handicapés

En RD Congo, une proposition de loi et un espoir pour les 10 millions d’handicapés

En République démocratique du Congo, une personne sur dix est en situation de handicap. Souvent livrées à elles-mêmes, elles ne bénéficient d’aucune aide de l’État. Les choses pourraient toutefois changer, grâce à une proposition de loi qui vise à garantir leurs droits et à mieux les protéger.

À l’âge de 2 ans, le Congolais Olivier Bakweto a perdu l’usage de ses deux jambes en contractant la polio. Au quotidien, les difficultés commencent dès qu’il sort de chez lui : les marches de maisons, les routes de Kinshasa qui ne sont pas asphaltées et les trottoirs quasi-inexistants qui ne sont généralement pas adaptées aux personnes à mobilité réduite comme lui. « Nous attendons la réintégration des personnes avec handicap, parce que nous sommes vraiment abandonnés, estime le père de famille. Vous verrez, 85 % des personnes vivant avec un handicap sont vautrés dans la mendicité. »

Selon les associations, un Congolais sur huit vit avec un handicap. Pourtant, en RDC, les structures d’accueil sont rares, mais la plupart sont sous-financées. Aujourd’hui, Olivier ne reçoit aucune aide financière et peine à trouver du travail. Dans cette école pour sourds-muets, le directeur dit recevoir à peine 40 euros par trimestre pour l’achat des fournitures. « Dans l’apprentissage, les enfants sourds ont besoin de voir pour bien comprendre la leçon, explique Patrick Moanza, le directeur du centre. Mais ici, nous n’avons pas de frais de fonctionnement pour acheter le matériel. »

Mieux intégrer les handicapés dans la société

Pour la première fois, le gouvernement congolais s’est doté d’un ministère chargé des personnes handicapées. À sa tête, Irène Esambo, qui vit elle-même avec un handicap. Elle a présenté cette année une loi pour faire bouger les lignes, en proposant notamment des quotas dans les administrations et le secteur privé.

« À l’Assemblée nationale, quand vous regardez, il n’y a aucune personne vivant avec handicap, quand vous regardez au Sénat, aucune personne avec handicap, constate Irène Esambo Diata, ministre déléguée en charge des personnes vivant avec handicap. Parmi les besoins, il y a la participation des personnes vivant avec handicap dans la prise de décisions. »

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