10 milles personnes toujours refugiées à l’hopital de Bantangafo.

Environ dix mille personnes sont toujours réfugiées dans l’enceinte de l’hôpital de Batangafo, au nord de la République centrafricaine, plus d’une semaine après la fin des affrontements entre les membres de l’ancienne coalition Séléka et des groupes d’autodéfense autoproclamés. *

agent de msf en action

Au cours des événements qui ont à nouveau plongé la ville dans le chaos, avec 24 décès et 17 blessés, une grande partie du camp de déplacés, établi depuis 3 ans dans la ville, a également été pillée et incendiée. La reconstruction du camp doit avoir lieu le plus tôt possible et les conditions nécessaires au retour en toute sécurité de la population au camp doivent être établies.

« Nous renforçons le système d’approvisionnement en eau dans l’enceinte de l’hôpital et installons des latrines pour améliorer l’hygiène car les personnes réfugiées à l’hôpital ne peuvent toujours pas reconstruire leurs abris dans le camp dont elles ont dû s’enfuir. Mais il s’agit d’un hôpital dont les services ont eux aussi été affectés pendant les combats », explique Carlos Francisco, chef de mission MSF en RCA. « La communauté réfugiée à l’hôpital et dans de rares endroits de Batangafo doit pouvoir reconstruire ses abris le plus tôt possible et retourner au camp dans des conditions de sécurité acceptables ».

Le nombre de personnes réfugié dans l’enceinte de l’hôpital change constamment. En effet, la plupart d’entre eux en quittent l’enceinte pendant la journée et y reviennent pour passer la nuit, « Imaginez la gravité de la situation si la population considère que le seul endroit sûr qu’il leur reste est un hôpital. Et dans certains cas, même les hôpitaux ne sont pas respectés », explique Carlos Francisco.

Les équipes de MSF à Bangassou et à Zemio ont dénoncé l’intrusion d’hommes armés dans les hôpitaux des deux villes afin d’emmener des patients (à Bangassou, où ils furent finalement retrouvés morts) ou de les exécuter sur place (à Zemio, où un bébé d’un peu plus d’un an est mort). « La détresse de la plupart de la population est absolue. Les personnes dont nous parlons à Batangafo proviennent d’un camp de déplacés. C’est inconcevable », ajoute le chef de mission. Les combats à Batangafo ont eu lieu en deux vagues, samedi 29 juillet et mardi 1er août, provoquant 24 morts et 17 blessés. Ces derniers furent soignés à l’hôpital incluaient des combattants des deux camps. Les services de l’hôpital ont été complètement rétablis dans les jours suivants, après que les consultations générales avaient été interrompues durant les affrontements et le service des urgences renforcé.

Batangafo demeure plongée dans un calme précaire, alors que les dirigeants des groupes en conflit affirment qu’ils sont arrivés à un accord afin d’éviter une résurgence des affrontements.

Depuis le mois de novembre dernier, la République centrafricaine a connu une recrudescence du conflit sanglant qui a démarré en 2013/14 et, au cours des dernier mois, plus de 180.000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs foyers. Le nombre de personnes déplacées en RCA s’élève à 500 000, tandis que près d’un demi-million d’autres personnes sont toujours réfugiées dans les pays voisins, sur une population totale estimée à un peu plus de quatre millions de personnes.

*: Ceci est un communiqué de MSF

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here