« Pas d’autorité de l’État » à Bambari.

Abel MATCHIPATA, Maire de Bambari déclare qu’ « il n’y a pas une véritable Autorité de l’Etat »  à Bambari. Les questions de  la sécurité, de  l’économie,  des déplacés, ou encore des activités agro-pastorales sont autant de sujets abordés par le premier citoyen de la ville  dans  une interview à Gael Ngouka qui revient de cette ville du centre,  située à 400 km de Bangui.  

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Mr le maire de Bambari.

Gaël NGOUKA LANGANDI (GNL) : Monsieur le Maire, quelle est la situation sécuritaire au niveau de la Ouaka en général et la ville de Bambari en particulier?

Abel Matchipata (AM): Présentement il ya une certaine accalmie après que la ville ait connu des moments un peu perturbés, les affrontements, les violences… présentement la ville est calme mais ce sont les rumeurs qui inquiète la population. Et cette population est de temps en temps agitée et est toujours sur le qui vive. Elle ne sait pas se qui peut se passer dans la journée soit demain.

(GNL) Aujourd’hui beaucoup de personnes se trouvent encore sur les sites des déplacés. Quelle est la condition humanitaire de ces gens?

AM: Nous compatissons avec ceux qui vivent présentement dans les sites des déplacés. Ils mènent une vie très difficile, en commençant d’abord par les abris qui sont déjà pour la plupart défectueux. Quant il pleut, l’intérieur des huttes est complètement mouillé et inondé par les eaux de ruissellement. Ensuite, il se pose également un problème de latrines. Ces déplacés cohabitent ensemble avec des latrines qui donnent de mauvaises odeurs. Aussi, il manque franchement de l’hygiène dans ces milieux. Et quand vous vous y rendez, ça sent très mauvais.

(GNL): Comment voyez-vous l’autorité de l’Etat au niveau de Bambari?

AM: Je peux vous affirmer que les représentants de l’Etat sont là: le Préfet, le Sous-préfet, moi-même le Maire, nous sommes là mais il n’y a pas une véritable Autorité de l’Etat parce que pour l’heure, ce sont ceux qui détiennent les armes qui ont le plus d’autorité. Je dois aussi ajouter que le président du Tribunal est là, le Procureur est là mais ils ne font que trancher de petites affaires. Ils peuvent convoquer les gens mais c’est à leur volonté qu’ils peuvent se présenter. Il n’y pas vraiment une véritable autorité de l’Etat à Bambari.

(GNL)   : Quelle est la relation que vous entretenez avec la MINUSCA?

 AM: Avec la MINUSCA, nous nous retrouvons au quotidien avec son personnel. Nous travaillons avec une très bonne symbiose avec cette mission. Elle a beaucoup contribué à la réhabilitation des bâtiments de l’Etat qui ont été saccagés entre autres, nous avons la Mairie et même l’extérieur que vous voyez là, tous les mobiliers que vous voyez devant vous nous viennent de la MINUSCA.

(GNL)  :  Bambari compte actuellement plusieurs groupes armés. Quelle est le type de relation qui existe entre ces groupes armés et la Mairie?

AM: Auparavant, on tenait des réunions avec les principaux responsables des groupes armés dans le cadre d’asseoir la sécurité avec la MINUSCA. Mais actuellement, cela ne se fait plus. J’espère que dans les moments à venir, nous reprendrons ces réunions pour chercher des voies et moyens à bâtir une paix durable en retrouvant la sécurité.

(GNL) :    Pouvez-vous nous parler de l’aspect économique dans la ville?

AM: Avant cette crise, Bambari était une ville prospère et active dans le domaine économique et donc du commerce en ce qui concerne le fonctionnement du marché central qui est l’un des grands marchés du pays, avec l’or de Ndassima, ça fonctionnait très bien. Mais avec la crise, le marché est aujourd’hui désert compte tenu de la présence de quelques éléments de l’UPC. Ce qui fait que le marché est installé dans le site des déplacés au niveau de la Gendarmerie compte tenue de la sécurité des gens. Et donc les activités économiques tournent au ralenti dans la ville de Bambari.

(GNL)  :  Les activités agropastorales se pratiquent-elles encore au niveau de Bambari?

AM: Au niveau de Bambari, y avaient quelques champs qui sont à la périphérie de la ville. Mais avec la crise, avec l’insécurité, les gens ont peur de se rendre dans leurs champs. En dehors de la ville, dans certains villages, les gens sont en train de vaquer librement à leurs activités champêtres. Donc en dehors de Bambari, y a la reprise des activités agricoles. Concernant l’élevage, vous savez que le grand élevage est pratiqué par les peulhs. Au moins ça fonctionne encore mais pas comme avant. Le petit élevage par contre, une bonne partie a été décimée pendant la crise par les groupes armés.

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