Fin de la « bancorisation » à la douane.

Inspecteur des douanes depuis 15 ans, Frédéric INAMO, nouveau directeur générale des douanes et droits indirects est entré dans l’administration douanière à l’âge de 29 ans.  Il est passé  dans  presque tous les services et tous les bureaux de la douane,  gravissant un à un tous les échelons. Dans cet interview accordé à info –Centrafrique, il évoque les objectifs de la douane, les reformes, la brigade économique, le contrat de performance et notamment et surtout annonce la fin de la « bancorisation ».

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Le Directeur Générale des douanes et droit indirects.
Info-Centrafrique (IC) : Dans quel état prenez vous la direction de la douane et quels sont les défis qui vous attendent ?

Fréderic IZAMO : (FI) Le défi est immense et nous devons le relever. On a déjà démarré avec les reformes. Nous avons d’abord la rotation de personnel. Vous  savez en matière de répression lorsqu’un agent reste  longtemps à un poste, il devient inefficace donc nous avons déjà commencé à faire des rotations. Cela ne veut pas dire que ceux qui travaillaient à l’époque sont des incompétents,  non. C’est juste question d’efficacité c’est pourquoi nous  faisons maintenant des rotations du personnel et dans un bref délai, nous allons faire un mouvement général de la douane.

Par rapport au reformes que nous avons déjà commencé, nous voulons maintenant qu’au niveau de chaque bureau de recettes, il faut qu’il y est des guichets pour les opérations douanières. Afin que l’opérateur économique verse l’argent au niveau de la banque pour le compte du trésor pour qu’ensuite avec la quittance la personne puisse disposer de ses marchandises.

(IC) : Nous savons que l’économie de notre pays repose sur les recettes fiscalo-douanière ; quelle sera la contribution de la douane au recouvrement des recettes?

(FI) Les prévisions  des recettes douanières dans le budget 2016 sont de prés de 57 milliards ce qui représente 55% des recettes propres. Pour le moment il n’ya pas de souci à ce niveau car depuis le début de l’année, nos performances sont plutôt bonnes. Au regard de cette performance, il est actuellement envisagé un collectif budgétaire qui va augmenter les prévisions des recettes de Un  milliards. C’est vraiment la première fois dans notre pays qu’un collectif budgétaire est proposé pour augmenter les recettes. Nous avons pour ambition de tenir ces prévisions.

(IC) : Partout on entend parler de la « bancorisation » alors que vous  ne jurez plutôt  que par la bancarisation. Aidez nous à y voir claire

(FI) C’est un néologisme que surtout vous les journalistes, vous utilisez plus. Il est vrai que les gens en parlent mais à notre niveau, c’est la bancarisation que nous connaissons. Par exemple au niveau de Béloko, il n’y a pas une banque là-bas ; et le fait de prendre l’argent dans un sac pour aller faire le versement à la banque, c’est comme ça que les gens parlent de « bancorisation. » Aujourd’hui nous  nous voulons mettre fin à ce phénomène là.

D’ici  trois mois, nous ne voulons plus voir l’argent de l’Etat entre les mains d’un douanier. Le travail de la douane va s’arrêter à partir de la liquidation et des déclarations. Donc, le douanier va évaluer les marchandises, il va taxer les marchandises et c’est l’opérateur économique qui ira à la banque verser l’argent sur le compte de l’État et il ramène seulement la quittance après quoi, on va lui restituer ses marchandises.

J’ai reçu les responsables des banques de la place ici, un état des lieux a été déjà fait… et nous avons pris la décision d’installer des guichets au niveau de chaque bureau des douanes où il y’ a concentration des opérations douanières  pour éviter ce phénomène de « bancorisation ».

(IC) : Quels sont vos objectifs en tant que directeur général ?

(FI) : A court terme nous avons des objectifs déjà fixés et notre but, c’est d’atteindre les prévisions que le gouvernement a assigné aux régies financières. Çà c’est l’urgence. Ensuite il nous faudra sécuriser les recettes de l’état dans des guichets au niveau de chaque bureau de douane et ce travail a déjà commencé et d’ici trois mois, pour la sécurisation des recettes, on va produire un bon résultat.

A long terme, c’est d’abord informatiser tous les bureaux douaniers de la RCA de telle sorte qu’à partir de la direction générale, on puisse contrôler toutes les opérations douanières sur l’ensemble du territoire. Avec l’interconnexion, nous allons suivre pas à pas et minute par minute toutes les opérations qui se passent soit au niveau de Berberati, Beloko, Bambari, Bossangoa etc. Nous sommes aussi en train de chercher à informatiser le fichier personnel, les exonérations, les contentieux …

(IC) : Quelles sont les éventuelles difficultés auxquelles vous pourriez faire face ?

(FI) : Les difficultés sont nombreuses.  Parmi mes collaborateurs, dans tous les services de la douane,  il y’a des brebis galleuses. Ceux là on va essayer de les  recadrer. C’est d’abord la première difficulté. Aussi au niveau des operateurs économiques, il y’a des cas de fraudes qu’il faut chercher à éradiquer. Nous avons déjà commencé à faire des réunions avec des operateurs économiques mais avant avant d’arriver aux operateurs, ya des transitaires, ce sont des professionnels qui maitrisent le droit douanier. Si le transitaire maitrise bien son travail, il va beaucoup nous aider mais si il ne maitrise pas son travail, il va aussi contribuer a ces fraudes là  c’est pourquoi nous avons déjà tenue une réunion avec les transitaires, nous leur avons  dit de se conformer aux dispositifs douaniers et qu’ils gardent aussi l’orthodoxie de leur travail. Et aux operateurs économiques, nous disons que maintenant nous allons appliquer les lois douanières si y’a des de fraudes, on va sanctionner  parce que c’est l’impunité qui fait que ces fraudes là persistent donc maintenant nous allons sanctionner.

(IC) : Ou en êtes-vous avec le contrat de performance ?

(FI) : Nous sommes largement en avance sur ce point  déjà a notre niveau le contrat de performance est prêts, je vais faire signer ce document à mes deux adjoints et aussi a leur niveau ils vont faire signer aux directeurs et les directeurs aux chefs de service. Déjà avec le contrat, de mon bureau, je surveille tout le monde. Le chef de service qui ne va pas atteindre ses prévisions deux, mois, trois mois ont déjà dire qu’il est incompétent et on va le changer et cela va de mon coté, si je n’atteins pas mes prévisions, la hiérarchie ne sera pas d’accord avec moi

Donc c’est une hiérarchie de contrôle, le contrat de performance et c’est un stimulant pour nous permettre d’atteindre nos prévisions  celui qui n’atteins pas ses prévisions je luis dis tu ne mérite pas de rester à ce poste et je lui fais changer de poste

(IC) : Un mot sur la brigade économique ?

(FI) La Brigade  économique est une brigade qui a été mise en place avec le concours de l’Union Nationale du Patronat Centrafricain, pour sécuriser le convoyage des véhicules sur le corridor Bangui-Beloko . Vous-même vous savez que les forces internationales ont aussi leur limite. Donc aujourd’hui on fait deux fois le convoyage Beloko- Bangui et on veut augmenter le nombre dans la semaine, si on peut faire trois convoyages ca peux nous aider  dans nos performances.

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