Sangaris se désengage et rétrocède l’emprise de Sibut

La force française Sangaris se désengage peu à peu du territoire centrafricain

Au ministère de la Défense, on préfère au terme “désengagement” les expressions “recentrage de la force ” ou “resserrement du dispositif”. Pas question d’effaroucher le nouveau et encore très fragile régime. Sur le terrain, toutefois, le repli se poursuit. Les VBCI ont quitté le théâtre, il y a quelques jours.

sangaris-sibut

Samedi, les militaires français ont retrocédé à la République Centrafricaine la concession qu’ils occupaient à Sibut, à 190 kilomètres au nord de Bangui.

Dans cette ville stratégique, Sangaris avait établi une base avancée dès 2014. Base qui avait ensuite évolué en PFR (plate forme relais), après la montée en puissance de la Minusca.

Au cours des trois dernières semaines, 210 hommes, 90 véhicules et 21 conteneurs ont quitté Sibut pour rejoindre Bangui, comme l’a constaté, la semaine dernière notre correspondant en RCA, Anthony Fouchard (les excellentes photos de ce post sont de lui).

Un vrai défi logistique et technique a été relevé, les différents convois en route vers la capitale sur des pistes sommaires s’étirant sur près de trois kilomètres.

sibut1.jpg

Il a également fallu faire place nette : détruire les 700 mètres de bastion wall et les postes de guets, ramasser les barbelés et terrasser le sol. C’est une section du 13e régiment du génie qui est restée sur place pour ces travaux, après le départ des derniers véhicules. Les sapeurs étaient épaulés par une section en Force Protection du 16e bataillon de chasseurs, avec des éléments de soutien et de commandement.

sibut3.jpg

Depuis le début du présent mandat, les unités de Sangaris composées majoritairement du RMT et du 12e RC se relayaient toutes les deux semaines sur cette base. Le 16e BC de Bitche et le 13e RG sont également passés par Sibut, verrou entre le nord vers Kaga Bandoro et le centre du pays vers Bambari. La ville est aussi surnommée la ligne rouge “car quand les rebelles l’ont traversée, Bangui n’est plus loin”, souligne un élu local.

Sangaris a disposé une force de dissuassion conséquente à Sibut. En octobre 2015, de violents combats avaient d’ailleurs opposé un hélicoptère Tigre et une colonne de rebelle lourdement armé. Le Tigre avait fait feu, neutralisant plusieurs rebelles du FPRC (affiliés à Nourredine Adam).

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here