« THIMO-Bangui » participe à la reconstruction de la capitale.

Près de 100 mille personnes correspondant à plus de 200 millions de francs CFA de salaires distribués, voilà le bilan à mi-parcours du programme THIMO-Bangui. Seize (16) mois après son lancement officiel, ce programme est  sa deuxième phase. Jules YANGANDA, expert en communication et sensibilisation du programme THIMO-Bangui dans une interview exclusive accordée à l’Info-Centrafrique, nous situe sur ce programme.    

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projet thimo dans le quatrieme arrondissement de Bangui. Crédit : PNUD

Info-Centrafrique (IC) : Qu’est ce que « THIMO-Bangui » ? Et pourquoi ce programme ?

Jules YANGANDA (J.Y) : L’abréviation THIMO signifie Travaux à Haute Intensité de Main d’Œuvre. L’approche HIMO est utilisée pour la mise en œuvre de nombreuses activités dans plusieurs domaines.  Le  programme « THIMO-Bangui » qui nous concerne est un programme post-conflit.

Les récents conflits politico-militaires ont eu des effets néfastes sur l’économie du pays et sur les conditions de vie de la population. C’est donc dans le but de soulager la souffrance de la population centrafricaine meurtrie que la Banque Mondiale, à la demande du gouvernement centrafricain, a accepté de financer le Programme « THIMO-Bangui »  à hauteur de 4 milliards de francs CFA. Il s’agit d’un programme d’assistance post-conflit basé sur l’utilisation optimale de la main d’œuvre afin de réduire la pauvreté.  Pour l’heure, ce programme concerne la ville de Bangui en cours de sécurisation.

Au-delà des travaux de réhabilitation de la voirie et des ouvrages de drainage des eaux de pluie, le programme « THIMO-Bangui », de par les opportunités d’emplois temporaires qu’il offre, vise à distribuer de revenus aux jeunes et aux femmes démunies.  En privilégiant les entreprises nationales pour l’exécution des Travaux et en favorisant l’accès des personnes vulnérables aux sources de revenus, « THIMO-Bangui » participe à la reconstruction du pays et à l’amélioration des conditions de vie de la population.

IC : A quel niveau se trouve aujourd’hui ce programme ?   

J.Y : Pour rappel, le programme « THIMO-Bangui »  a été lancé officiellement le 22 janvier 2015 par les autorités de la transition. Prévus pour six mois, les travaux de la première phase se poursuivent encore dans certains arrondissements de la capitale. La deuxième phase a démarré en janvier 2016.

IC : Pouvez-vous nous situer sur le bilan à mi-chemin du programme « THIMO-Bangui » ?

J.Y : Seize mois après son lancement, le programme « THIMO-Bangui » a favorisé le recrutement de près de 100 mille personnes correspondant à plus de 200 millions de francs CFA de salaires distribués. De nombreux bénéficiaires de ce programme ont su reconstituer leur capital et reprendre leurs activités commerciales qu’elles ont perdues à cause notamment des récents troubles politico-militaires. En outre, notons que la distribution de revenus aux jeunes ex-combattants a fortement contribué à les détourner des mauvaises pratiques et donc, à favoriser le retour de la paix et de la cohésion sociale dans certains arrondissements de la ville Bangui.

IC : Quelles sont les difficultés rencontrées ?

J.Y : Les principales difficultés rencontrées dans l’exécution du programme « THIMO-Bangui »   sont, entre autres, l’insécurité, l’intempérie et des comportements inciviques de certains riverains et manœuvres.

I.C : Un mot de fin à l’endroit de la jeunesse centrafricaine et éventuellement à l’endroit du gouvernement.

J.Y : Je ne saurais terminer mon propos sans remercier Info-Centrafrique qui m’offre cette occasion de présenter le programme « THIMO-Bangui », son enjeu et les résultats qu’il a obtenus après seize mois d’activités.

Mon message à l’endroit de la jeunesse centrafricaine est simple. Cette jeunesse doit comprendre que son pays vit actuellement un moment très difficile de son histoire. La résolution de la crise centrafricaine crise passe nécessairement par la contribution de tous, surtout celle de la jeunesse sur qui repose l’espoir du pays. C’est pourquoi, cette jeunesse gagnerait à s’approprier le programme « THIMO-Bangui », à protéger les matériels et matériaux des entreprises chargées d’exécuter les Travaux à Haute Intensité de Main d’Œuvre.

Au gouvernement, je lance un appel en faveur du maintien du programme « THIMO-Bangui » dans la ville de Bangui et de l’extension dudit programme dans toutes les localités du pays touchées par la récente crise politico-militaire afin de permettre aux plus démunies d’améliorer leurs conditions de vie.

Nerva Addison Ngang-Ndounga
Nerva Addison Ngang-Ndounga est rédacteur pour Info Centrafrique. Il dispose d'une maitrise en Droit, Option Relations Internationales. Journaliste, il est actuellement en instance de soutenance de sa licence professionnelle en sciences de l'information et de la communication à l'université de Bangui

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